Ces gestes qui vous trahissent : maîtriser vos mouvements parasites
Vous avez préparé votre discours sur le bout des doigts, mais votre public semble distrait, voire agacé. Et si le problème ne venait pas de vos mots, mais de vos gestes ? Ces mouvements inconscients, appelés mouvements parasites, peuvent ruiner une présentation parfaite sur le pa...

Le nœud du problème : des gestes qui parlent à votre place
Lorsque nous parlons en public, une partie de notre communication échappe totalement à notre contrôle : nos gestes parasites. Se gratter le nez, jouer avec son stylo, tripoter un bouton de veste, balancer son poids d'une jambe sur l'autre... Ces mouvements sont des comportements non verbaux qui trahissent notre nervosité, notre stress ou un manque d'assurance. Le plus souvent, l'orateur n'en a absolument pas conscience.
Pourtant, le public, lui, les perçoit immédiatement. Ces gestes incontrôlés deviennent un contre-discours puissant qui dit : « Je suis tendu », « Je ne suis pas à l'aise » ou « Je ne maîtrise pas mon sujet ». Ils captent l'attention de l'auditoire, qui se met à compter le nombre de fois où vous vous touchez les cheveux plutôt qu'à écouter vos arguments. Ils sapent votre crédibilité et créent une barrière invisible entre vous et votre public. Le message central est noyé sous un flot de signaux parasites.
La méthode en trois étapes
Pour reprendre le contrôle de votre langage corporel et cesser de distraire votre auditoire, une méthode simple en trois temps fait ses preuves.
Première étape : Prendre conscience en se filmant
L'ignorance est l'ennemi numéro un. La première étape est de découvrir vos propres tics. Rien ne remplace l'objectivité froide d'une caméra. Enregistrez-vous lors d'une répétition, comme si vous étiez face au vrai public. Regardez ensuite la vidéo en vous concentrant uniquement sur votre corps, sans écouter le contenu. Identifiez vos gestes récurrents : mains dans les poches, frottement des doigts, balancement ? Notez-les précisément. Cette prise de conscience, parfois rude, est le fondement de tout progrès.
Deuxième étape : Répéter avec intention pour ancrer des gestes utiles
Une fois vos mouvements parasites identifiés, ne vous contentez pas de dire « Je ne dois pas faire ça ». Le cerveau a besoin d'une instruction positive pour remplacer un comportement négatif. Lors de vos répétitions, travaillez à intégrer des gestes utiles et ouverts.
- Gestes descriptifs : montrer une taille, imiter une courbe, séparer deux idées avec vos mains.
- Gestes d'ancrage : poser délibérément les mains sur le pupitre ou les garder le long du corps dans une position neutre et stable entre deux phrases. Répétez votre discours en vous imposant consciemment ces gestes. L'objectif est qu'ils deviennent une nouvelle habitude, un réflexe qui prend la place des anciens tics.
Troisième étape : Gérer le direct avec la technique du point fixe
Le jour J, la pression monte et les vieux démons peuvent revenir. Pour garder le contrôle, utilisez la technique du point fixe. Choisissez un ou deux membres de votre public, au fond de la salle, qui ont l'air bienveillants. Lorsque vous sentez la nervosité (et les gestes parasites) monter, posez votre regard sur l'un d'eux et concentrez-vous pour garder le haut de votre corps stable. Ce point d'ancrage visuel et mental vous aide à retrouver votre calme et à interrompre le cycle des gestes nerveux.
Illustration concrète
Avant : Léa présente son projet. Ses arguments sont solides, mais elle ne cesse de tortiller la bague à son doigt, puis de croiser et décroiser les bras. Le public finit par se focaliser sur ce manège. L'impression finale est celle d'une personne défensive et peu convaincue par ses propres dires.
Après : Après s'être filmée, Léa a identifié ses tics. En répétant, elle a travaillé à remplacer le geste vers la bague par un mouvement d'ouverture des mains pour ponctuer ses points clés. Durant sa présentation, lorsqu'elle sent une pointe de stress, elle cherche du regard son collègue assis au dernier rang, respire et pose délibérément ses mains sur la table. Son discours, désormais soutenu par un langage corporel cohérent, paraît beaucoup plus assuré et convaincant.
Liste de vérification
- [ ] J'ai enregistré une répétition vidéo de mon discours.
- [ ] J'ai listé mes deux ou trois gestes parasites les plus fréquents.
- [ ] J'ai défini deux ou trois gestes utiles (ouverts, descriptifs) pour les remplacer.
- [ ] J'ai répété mon discours au moins une fois en me concentrant uniquement sur ces nouveaux gestes.
- [ ] J'ai identifié mon « point fixe » dans la salle pour le jour de la présentation.
Écueils à éviter
- Vouloir supprimer tous ses gestes et devenir une statue. Le but est de contrôler, pas d'éliminer la gestuelle naturelle.
- Se répéter devant un miroir. On se regarde soi-même, on ne se voit pas parler. La vidéo est indispensable.
- Négliger la répétition. La maîtrise ne vient pas de la seule prise de conscience, mais de l'entraînement musculaire et mental.
- Se focaliser sur ses tics pendant la présentation réelle. Concentrez-vous sur votre message et votre public, pas sur vos mains.
Pour conclure
Les mouvements parasites non verbaux sont des saboteurs silencieux. Ils parlent plus fort que vos meilleurs arguments. Mais comme toute compétence, la maîtrise de son langage corporel s'apprend. En passant par la prise de conscience, la répétition intentionnelle et une stratégie de gestion en direct, vous transformez ces faiblesses en force. Vous alignez enfin tout votre être – les mots et le corps – pour délivrer un message clair, crédible et captivant. La prochaine fois que vous préparerez un discours, commencez par allumer votre caméra.
ID du topic : 361348 | Score : 100.0 | Catégorie : technique
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